Madagascar, octobre 2025 – une jeunesse en colère, une opposition en embuscade, un pouvoir aux abois.
Une contestation générationnelle
Depuis le 25 septembre, la Gen Z malgache mène une mobilisation inédite. Née sur les réseaux sociaux, elle s’est propagée dans les rues d’Antananarivo, Majunga, Tuléar. Le slogan “Miala Rajoelina” (Rajoelina dégage) résonne comme un cri générationnel.
“On ne veut pas la guerre, on veut l’eau, l’électricité et le respect.” – Témoignage d’un étudiant manifestant
Le drapeau de One Piece flotte sur les cortèges, symbole d’une jeunesse qui refuse de plier.
Une opposition en recomposition
La plateforme Firaisankina, regroupant les principaux partis d’opposition, exige la démission du président. Parmi les figures montantes :
- Siteny Randrianasoloniaiko, député, critique ouvert du régime
- Marc Ravalomanana, ancien président, discret mais influent
Leur stratégie : soutenir la rue sans s’y exposer, en attendant une faille institutionnelle.
Les syndicats entrent en scène
Le 9 octobre, la Solidarité syndicale de Madagascar appelle à une grève générale. Les internes en médecine, les enseignants, les fonctionnaires rejoignent le mouvement. Le jardin d’Ambohijatovo devient le théâtre symbolique de la contestation.
Réponse du pouvoir : militarisation
Le président Rajoelina nomme le général Ruphin Zafisambo Premier ministre.
“Ce n’est pas un Premier ministre, c’est un signal : celui d’un pouvoir qui s’arme.” – Afrik.com
La nomination d’un militaire marque une rupture : le dialogue est remplacé par l’ordre.
Trois scénarios d’issue
- Chute du régime : si les mobilisations s’intensifient et que l’armée se divise
- Médiation religieuse : les Églises pourraient jouer les arbitres
- Recomposition politique : départ du président, transition négociée
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Auteurs : Copi + AA