Népal, l’éveil d’une génération : récit d’un soulèvement

Le soleil se lève sur Katmandou, mais l’air est lourd. Pas à cause de la mousson, non – c’est une tension sourde qui plane, celle d’un peuple qui refuse de se taire.

Tout a commencé par un simple clic

Ou plutôt, l’impossibilité de cliquer. Facebook, YouTube, X, LinkedIn… tous inaccessibles. Le gouvernement, dans un geste brutal, a décidé de bloquer 26 plateformes sociales. Officiellement pour « préserver l’ordre public ». Officieusement, pour étouffer une jeunesse trop bruyante, trop libre, trop connectée.

Mais on ne muselle pas une génération qui a grandi avec le monde au bout des doigts. Les rues se sont remplies. D’abord timidement, puis avec une force que personne n’avait anticipée. On les appelle la génération Z, mais au Népal, ils sont devenus les génération Zéro compromis.

Le 8 septembre, tout a basculé. Les slogans ont laissé place aux cris. Les pancartes aux pierres. La police a tiré. 19 morts. 400 blessés. Le sang a coulé sur les pavés du Parlement, qui lui-même a été incendié. Le Premier ministre, assiégé jusque dans sa propre maison, a fini par démissionner.

Mais ce n’est pas une fin. C’est un début

Dans les cafés encore ouverts, on murmure des mots interdits. Dans les écoles, on apprend à coder des VPN avant même de lire Rousseau. Et dans les cœurs, une certitude s’installe : le Népal ne sera plus jamais silencieux.