Bloquons tout : aux origines d’un soulèvement sans visage

21 mai 2025. Sur une boucle Telegram confidentielle, un message sibyllin circule :

« Le système ne tombera pas par les urnes. Il tombera quand nous cesserons d’y participer. »

Ce jour-là, dans une ancienne salle des fêtes désaffectée près de Lille, une poignée de militants se réunit. Ils ne sont ni encartés, ni syndiqués. Ils se font appeler Les Essentiels. Leur objectif : imaginer une action nationale de rupture, hors des cadres traditionnels. Pas de revendication unique, pas de leader. Juste une idée : bloquer le pays.

Une colère sans drapeau

Le collectif naît dans un climat de fatigue démocratique. Depuis des mois, les réformes s’enchaînent, les prix grimpent, les services publics s’effondrent. Mais aucune mobilisation ne prend. Les Essentiels veulent frapper autrement : par le silence, l’absence, le refus.

Ils choisissent une date : le 10 septembre. Ils choisissent un mot d’ordre : « Bloquons tout ». Ils choisissent un canal : Telegram, puis TikTok.

Le virus de la désobéissance

En quelques semaines, des visuels circulent :

  • « Le 10 septembre, on ne travaille pas. On ne consomme pas. On ne obéit pas. »
  • « Pas de carte bancaire. Pas d’école. Pas de métro. »

Le ton est radical, mais l’esthétique est sobre. Pas de drapeaux, pas de logos. Juste des appels à désobéissance civile, à boycott, à solidarité locale.

Une nébuleuse en expansion

Dès juin, d’autres collectifs rejoignent l’appel :

  • Des ex-Gilets jaunes
  • Des militants anti-pass
  • Des groupes autonomes
  • Des citoyens en colère, souvent précaires

Le mouvement reste sans visage, mais gagne en puissance. Il ne cherche pas à négocier. Il veut rompre.