La réponse étatique à la GenZ 212 au Maroc

Silence, répression, rattrapage : l’État en trois temps.

Le silence

Face aux premières mobilisations de GenZ 212, l’État marocain a choisi… de ne pas répondre. Ni communiqué officiel, ni prise de parole, ni tentative de dialogue. Ce silence, interprété comme du mépris, a renforcé la colère. Les jeunes ont compris qu’ils n’étaient pas écoutés. Alors ils ont crié plus fort.

Ce premier temps est celui de l’invisibilisation. L’État a tenté d’ignorer. Mais GenZ 212 ne s’est pas laissé effacer.

La répression

Très vite, le silence a laissé place à la force. Les chiffres sont brutaux :

  • 409 gardes à vue
  • 263 blessés parmi les forces de l’ordre
  • 23 civils blessés
  • 2 morts à Leqliaa, près d’Agadir, lors d’une attaque contre une gendarmerie

Des vidéos montrent des affrontements, des arrestations musclées, des manifestants traînés au sol. La répression, loin d’éteindre le mouvement, l’a radicalisé. Elle a transformé une indignation en résistance.

Le rattrapage

Sous pression, le gouvernement a fini par réagir. Une réunion ministérielle d’urgence a été convoquée. Les ministres de la santé, de l’éducation et de l’intérieur ont promis d’“écouter les jeunes”. Trop tard ? Peut-être.

Car entre-temps, GenZ 212 a gagné en légitimité. Des joueurs de l’équipe nationale ont exprimé leur soutien. Des groupes de supporters ont annoncé des grèves. Des artistes, des journalistes, des enseignants ont relayé les revendications.

L’État tente de reprendre la main. Mais le narratif lui échappe.

Une parole confisquée

GenZ 212 parle plus fort que les institutions. Il impose ses codes, ses rythmes, ses urgences. Il crée ses propres canaux, ses propres visuels, ses propres récits. L’État, habitué à contrôler la parole publique, se retrouve dépossédé.

Ce mouvement ne demande pas la permission. Il exige la reconnaissance.

Une leçon de gouvernance

La réponse étatique à GenZ 212 est révélatrice d’un malaise plus profond : une incapacité à dialoguer avec la jeunesse, à anticiper ses colères, à comprendre ses langages. Le pouvoir réagit, mais GenZ 212 agit. Et c’est toute la différence.

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Auteurs : Copi + AA