Washington, septembre 2025 — Dans les rues de Chicago, les files s’allongent devant les agences pour l’emploi. À New York, les recruteurs parlent d’un “gel silencieux” des embauches. Et à Washington, les chiffres tombent comme un couperet : seulement 22 000 emplois créés en août, contre 75 000 attendus. Le taux de chômage grimpe à 4,3 %, son plus haut niveau depuis l’automne 2021.
Une tendance qui s’installe
Ce ralentissement n’est pas un simple accident de parcours. Depuis mai, la cadence des embauches s’est effondrée à 26 750 emplois par mois, contre 217 000 en fin d’année dernière. Le secteur manufacturier n’a pas connu de croissance nette depuis mars, et les services professionnels privés ont perdu 78 000 postes depuis janvier.
Même les gouvernements – d’habitude plus stables – commencent à licencier, notamment au niveau fédéral. Seuls les soins médicaux résistent encore, portés par une demande structurelle.
Une tempête politique
L a publication de ces chiffres a provoqué un séisme à la Maison-Blanche. Le président Donald Trump a déjà limogé la directrice du Bureau des statistiques du travail, Erika McEntarfer, et nommé à sa place E.J. Antoni, un économiste conservateur issu de la Heritage Foundation, fidèle à sa ligne “America First”. Cette nomination, encore en attente de confirmation par le Sénat, suscite des inquiétudes sur l’indépendance des données économiques.
Mais les chiffres sont là, et ils inquiètent. La Fed pourrait baisser ses taux d’intérêt lors de sa réunion du 17 septembre pour tenter de relancer la machine.
Conséquences économiques
- Pouvoir d’achat : Les salaires progressent, mais moins vite que l’inflation. Le salaire horaire moyen n’a augmenté que de 0,3 % en août.
- Croissance : Le ralentissement de l’emploi pourrait freiner la consommation, moteur principal de l’économie américaine.
- Immigration : La politique de restriction migratoire du gouvernement limite l’accès à une main-d’œuvre étrangère, ce qui accentue les tensions dans certains secteurs.
Une fracture sociale en gestation
Derrière les chiffres, ce sont des millions d’Américains qui s’interrogent : faut-il changer de métier, déménager, ou simplement attendre que la tempête passe ? Le marché du travail, longtemps robuste, semble désormais vaciller.