« La démocratie est une promesse. Mais l’égalité, si elle n’est pas tempérée par la liberté, peut devenir une tyrannie douce. »
New York – Août 1831
Tocqueville est assis dans un salon bourgeois, entouré de notables. Le sujet du jour : les élections à venir. Un avocat s’exclame :
Ici, chacun peut devenir ce qu’il veut. Mon père était tonnelier, je suis juriste. Mon fils sera peut-être sénateur.
Tocqueville sourit. Il admire cette mobilité sociale. Mais il sent aussi une tension sous-jacente. L’égalité des conditions ne suffit pas – les Américains veulent l’égalité des résultats.
Dans son journal, il écrit :
« L’égalité est adorée comme une religion. Elle console, elle flatte, elle promet. Mais elle exige aussi la conformité, l’uniformité, la soumission. »
Scène suivante – une auberge de Pennsylvanie
Un serveur discute avec Tocqueville :
Vous êtes Français ? Alors vous avez des nobles, non ? Ici, on n’aime pas les gens qui se croient au-dessus des autres.
Et si quelqu’un est vraiment plus talentueux ? demande Tocqueville.
Alors il doit faire semblant de ne pas l’être. Sinon, on le traite d’arrogant.
Tocqueville est frappé. L’égalité pousse à niveler les différences, même les plus légitimes. Il note :
« La passion pour l’égalité peut conduire à préférer la servitude dans l’égalité à la liberté dans l’inégalité. »
Dernière scène – Tocqueville seul, au bord de l’Hudson
Il regarde le fleuve, immense et calme. Il pense à la France, où l’aristocratie s’effondre, mais où la démocratie peine à naître. Il murmure :
L’Amérique m’enseigne que la liberté est fragile quand l’égalité devient obsession.
Il écrit :
« La démocratie est une promesse. Mais l’égalité, si elle n’est pas tempérée par la liberté, peut devenir une tyrannie douce. »