Washington, novembre 2025 – Alors que le gouvernement fédéral est paralysé depuis le 1er octobre, Donald Trump exhorte les Républicains à supprimer le filibuster, cette règle sénatoriale qui permet à l’opposition de bloquer un vote tant qu’elle dispose d’au moins 41 voix. Mais au sein même du camp républicain, la résistance s’organise.
Qu’est-ce que le filibuster ?
- Le filibuster est une procédure du Sénat américain qui exige 60 voix sur 100 pour clore les débats sur un texte et passer au vote.
- Il permet à la minorité de ralentir ou bloquer l’adoption de lois, sauf exceptions (budget, nominations judiciaires).
- Il est souvent critiqué pour favoriser l’obstruction, mais aussi défendu comme outil de modération et de compromis.
La pression de Trump
- Face au blocage du budget, Trump appelle à l’« option nucléaire » : modifier le règlement du Sénat pour permettre un vote à la majorité simple (51 voix).
- Il accuse les Démocrates d’« saboter l’Amérique » et exhorte les Républicains à « jouer leur carte Trump » pour débloquer les fonds.
L’opposition républicaine
- Plusieurs sénateurs républicains, dont John Thune (chef de la majorité) et John Curtis (Utah), refusent de céder.
- Curtis déclare : « Le filibuster nous oblige à trouver un terrain d’entente. Le pouvoir change de main, mais les principes ne devraient pas. »
- Ils craignent qu’une suppression du filibuster affaiblisse leur propre pouvoir si les Démocrates reprennent le Sénat en 2026.
Un précédent dangereux ?
- En 2017, les Républicains ont déjà utilisé l’option nucléaire pour les nominations à la Cour suprême.
- Supprimer le filibuster pour les lois ordinaires serait un changement structurel majeur, risquant de polariser encore davantage le Congrès.
Enjeux institutionnels
- Le débat dépasse le simple budget : il interroge la résilience des institutions américaines face à la pression présidentielle.
- Il révèle aussi les fractures internes du Parti républicain, entre loyalistes trumpistes et conservateurs institutionnels.