Pays-Bas, novembre 2025 – Le centre l’emporte – Quelle gestion du pays ?

Le gagnant des élections Rob Jetten, dans un espace politique éclaté, a besoin d’un programme de compromis et progressiste afin de consolider cette alliance et diminuer l’influence de l’extreme droite.

L’éclaireur du centre

Rob Jetten, 38 ans, surgit en tête des législatives néerlandaises avec son parti D66. Dans un scrutin tendu, il devance de 15 155 voix le PVV de Geert Wilders, malgré une égalité en sièges (26 chacun). Le vote des expatriés, majoritairement progressiste, a fait basculer l’issue. Jetten s’apprête à devenir le plus jeune Premier ministre des Pays-Bas, incarnant une nouvelle génération politique.

« Nous sommes le plus grand parti des Pays-Bas ! » — Rob Jetten, dans un discours sobre mais déterminé.

Indicateurs macroéconomiques des Pays-Bas (2025)

IndicateurValeurCommentaire
Population18,04 millionsEn légère hausse par rapport à 2024
PIB nominal1 228 milliards USDCroissance modérée, économie stable
Croissance du PIB (annuelle)1,7 %Reprise après stagnation en 2023
Inflation3,3 %En baisse par rapport à 2024
Taux de chômage4 %Marché du travail tendu, chômage faible
Salaire moyen mensuel3 875 EUREn hausse, reflète la croissance des salaires
Salaire minimum2 506 EUR/moisAugmentation par rapport à 2024
Dette publique (% du PIB)45,1 %En dessous de la moyenne de la zone euro
Balance commerciale+7,743 millions EURExcédent structurel, rôle de hub logistique
Compte courant (% du PIB)9,1 %Position extérieure très solide
Taux d’intérêt directeur2,15 %Politique monétaire prudente
Confiance des consommateurs-27 pointsEn amélioration mais reste négative
Taux d’imposition sur les sociétés25,8 %Fiscalité stable
Taux d’imposition sur le revenu49,5 %Haut mais avec des réductions prévues

Sources : Trading Economics ・BNP Paribas Trade Solutions

Une coalition en puzzle

La victoire ne suffit pas. Pour gouverner, Jetten doit assembler une majorité de 76 sièges. Or, les blocs sont fragmentés :

  • D66 (26 sièges)
  • VVD (libéraux, 22)
  • CDA (centre-droit, 18)
  • Alliance Verts/Travaillistes (20)

Voici un programme que nous conseillons à la Coalition Jetten : un programme de compromis progressiste

1. Climat et transition énergétique (point d’ancrage commun)

  • Accélération de la transition verte : sortie progressive du gaz, investissements massifs dans l’éolien offshore, solaire et hydrogène vert.
  • Rénovation énergétique des logements : subventions renforcées, normes thermiques plus strictes.
  • Fiscalité écologique : taxation accrue des émissions industrielles, incitations à la mobilité durable.
  • Objectif : neutralité carbone d’ici 2040, en ligne avec les ambitions européennes.

2. Économie et finances publiques

  • Maintien d’une rigueur budgétaire (CDA, VVD) : réduction progressive de la dette publique (actuellement à 45 % du PIB).
  • Investissements ciblés (D66, Verts/Travaillistes) : dans l’éducation, la santé, le numérique et la transition écologique.
  • Réforme fiscale équilibrée :
    • Allègement de la fiscalité sur les bas et moyens revenus (D66, Verts).
    • Maintien d’un taux d’imposition compétitif pour les entreprises (VVD, CDA).
    • Lutte contre l’évasion fiscale et taxation des multinationales (Verts/Travaillistes).

3. Éducation et innovation

  • Gratuité de l’enseignement supérieur (revendication des Travaillistes).
  • Renforcement de l’enseignement technique et numérique (D66, VVD).
  • Investissements dans la recherche et l’intelligence artificielle (D66, VVD).

4. Logement et urbanisme

  • Construction de logements abordables : objectif de 100 000 logements/an (compromis entre Verts/Travaillistes et VVD).
  • Encadrement des loyers dans les zones tendues (Verts/Travaillistes).
  • Simplification des procédures de construction (VVD, CDA).

5. Migration et intégration

  • Politique migratoire équilibrée :
    • Contrôle renforcé des flux migratoires (CDA, VVD).
    • Accélération des procédures d’asile et meilleure intégration (D66, Verts).
    • Refus des quotas rigides, mais solidarité européenne sur l’accueil des réfugiés.

6. Europe et politique étrangère

  • Engagement pro-européen affirmé (D66, Verts, Travaillistes).
  • Soutien à l’Ukraine et à la défense européenne (consensus).
  • Réforme de l’UE : plus de transparence, fiscalité commune, politique migratoire coordonnée.

7. Société et valeurs

  • Renforcement des droits LGBTQ+ (D66, Verts).
  • Éthique numérique et protection des données (D66).
  • Dialogue interreligieux et lutte contre les discriminations (Travaillistes, CDA).

Équilibres et tensions à surveiller

  • Immigration : ligne dure du VVD/CDA vs approche humaniste des Verts/D66.
  • Fiscalité : VVD opposé à toute hausse d’impôt, alors que les Verts veulent taxer davantage les hauts revenus.
  • Europe : consensus pro-UE, mais le VVD pourrait freiner certaines ambitions fédéralistes.

Pour une information complète : Voici la répartition des 150 sièges de la Seconde Chambre néerlandaise issue des législatives d’octobre 2025 : 15 partis y sont représentés, reflétant un paysage politique extrêmement fragmenté.

Répartition des sièges au Parlement néerlandais (2025)

  • D66 (Démocrates 66, centre libéral) : 26 sièges
  • PVV (Parti pour la liberté, extrême droite) : 26 sièges
  • VVD (Parti populaire pour la liberté et la démocratie, droite libérale) : 22 sièges
  • GL-PvdA (Alliance Verts et Travaillistes, gauche) : 20 sièges
  • CDA (Appel chrétien-démocrate, centre-droit) : 18 sièges
  • NSC (Nouveau contrat social, conservateur modéré) : 12 sièges
  • SP (Parti socialiste) : 6 sièges
  • CU (Union chrétienne) : 5 sièges
  • FvD (Forum pour la démocratie, droite radicale) : 4 sièges
  • Volt (fédéralistes européens) : 3 sièges
  • BIJ1 (gauche antiraciste) : 2 sièges
  • SGP (Parti politique réformé, protestant conservateur) : 2 sièges
  • DENK (parti multiculturel) : 2 sièges
  • BBB (Mouvement agriculteur-citoyen) : 1 siège
  • Parti pour les animaux (PvdD) : 1 siège

L’avenir de l’opposition suite aux élections

Wilders, l’ombre sans alliance : Geert Wilders, figure de l’extrême droite, est exclu des tractations. Jugé trop radical ou peu fiable, il reste en marge malgré son score élevé. Sa défaite symbolique marque un coup d’arrêt à la vague populiste qui semblait gagner du terrain en Europe.

Auteurs : Copi + AA