Il était 21h50, heure locale, lorsque la terre a grondé. Un bruit sourd, presque animal, a traversé les entrailles de l’île de Cebu, au centre des Philippines. En quelques secondes, le quotidien s’est figé. Les murs ont tremblé, les lumières se sont éteintes, et la panique a pris le relais du silence. Un séisme de magnitude 6,9 venait de frapper, brutalement, sans préavis.
Pierres tombées du ciel
Sur la place de Bantayan, Martham P., 25 ans, se tenait près de l’église. Il a entendu un craquement sec, suivi d’un grondement. Des pierres se sont détachées de la façade, s’écrasant au sol dans un nuage de poussière. « J’étais paralysé. Mon corps ne répondait plus. J’attendais juste que ça s’arrête », confiera-t-il plus tard, encore sous le choc.
À quelques rues de là, Agnes M., aide-soignante de 65 ans, a vu les carreaux de sa cuisine se fissurer comme du verre. Ses jeunes assistants, formés chez les scouts, se sont réfugiés sous la table. « J’ai cru que tout allait s’effondrer. C’était la première fois que je vivais ça. »
Des vies ensevelies
Le bilan humain est lourd. Au moins 20 morts, dont trois emportés par un glissement de terrain à Bogo. À San Remigio, quatre corps ont été extraits d’un centre sportif effondré. Un enfant a été tué par des débris. Les secours, menés par Wilson Ramos, ont travaillé toute la nuit, dans l’obscurité, sous la menace de répliques. « Il pourrait y avoir des personnes piégées sous les bâtiments », a-t-il déclaré, l’inquiétude dans la voix.
Les lignes électriques ont sauté, plongeant Cebu et les îles voisines dans le noir. Des routes de village sont devenues impraticables. Un fast-food à Bogo a été éventré. Une école et un bâtiment commercial à Bantayan se sont effondrés.
Lignes de feu
Le séisme, peu profond, s’est produit près de Palompon, dans une zone connue pour son activité sismique : la « ceinture de feu » du Pacifique. Ici, les secousses sont presque quotidiennes. Mais celle-ci a réveillé les peurs enfouies. Le Pacific Tsunami Warning Center a rapidement rassuré : pas de menace de tsunami. Mais les répliques, elles, ont continué.
Appel au calme
Pamela Baricuatro, gouverneure de Cebu, a pris la parole en direct sur Facebook. Elle a exhorté les habitants à rester calmes, à se tenir à l’écart des structures instables, et à se préparer à d’autres secousses. Le gouvernement provincial a lancé un appel aux volontaires médicaux.
Par Copi + AA — vers2045.com – publié à 2h, heure de Paris.