Alors que nous touchons à la fin du festival d’Avignon, je fais un retour sur ce qui s’est passé. “Nous ou le paradoxe du hérisson” : une exploration sensible de la famille qui ouvre la journée
Le 7 juillet 2026 est l’un des temps forts de cette édition du Festival d’Avignon
Sous une chaleur déjà bien installée, les festivaliers ont convergé vers les salles avec une curiosité palpable. Parmi les propositions du jour, une création s’est distinguée par sa finesse, son intelligence et sa capacité à toucher un public très large : Nous ou le paradoxe du hérisson, la nouvelle pièce de Muriel Imbach, figure reconnue pour son travail mêlant philosophie et théâtre, destiné autant aux jeunes spectateurs qu’aux adultes.
“Nous ou le paradoxe du hérisson” : un spectacle qui interroge la famille avec délicatesse
Muriel Imbach poursuit ici une démarche artistique qu’elle affine depuis plus de dix ans. Ses spectacles – Le Grand Pourquoi, Bleu pour les oranges, rose pour les éléphants, Les Tactiques du Tic Tac, À l’envers, à l’endroit, Le Nom des choses – naissent souvent d’ateliers menés auprès d’enfants, où émergent des questions simples en apparence mais vertigineuses lorsqu’on les creuse.
Avec Nous ou le paradoxe du hérisson, elle s’attaque à un thème universel : la famille. Et elle le fait en posant une question aussi évidente que déstabilisante :
Quand on prononce le mot famille, tout le monde pense d’abord à la sienne. Mais comme aucune ne se ressemble vraiment, que signifie faire famille ?
Sur scène, cette interrogation se déploie à travers une mise en scène épurée, un jeu d’acteurs d’une grande justesse, et une dramaturgie qui alterne douceur, humour et moments de tension. Le spectacle avance comme une conversation intime, où chacun peut reconnaître un fragment de son histoire, de ses liens, de ses contradictions.
Le public, attentif dès les premières minutes, a été progressivement happé par cette exploration sensible. Les réactions à la sortie témoignaient d’une émotion sincère :
- “On se sent concerné, forcément.”
- “Ça parle de nous sans nous imposer quoi que ce soit.”
- “Une pièce qui fait réfléchir sans jamais moraliser.”
Une démarche artistique cohérente et accessible
Ce spectacle s’inscrit dans la continuité du travail de Muriel Imbach :
- philosophie incarnée, jamais abstraite
- théâtre pour tous, sans simplification
- questions essentielles, traitées avec tact
- écriture née du réel, nourrie par la parole des enfants
Cette capacité à rendre la pensée vivante, à la faire passer par le corps, le jeu, les images, est ce qui donne à la pièce sa force. On ressort avec l’impression d’avoir partagé un moment de réflexion collective, sans lourdeur, sans dogme.
La vie du festival ce 7 juillet
Autour de ce spectacle, Avignon vibrait déjà au rythme du festival. Les rues étaient animées, les compagnies du Off multipliaient les invitations, et les discussions se formaient spontanément aux terrasses. On sentait une énergie de début de festival : celle où tout est encore possible, où les spectateurs se laissent surprendre, où les artistes cherchent à marquer les esprits.
Le 7 juillet a ainsi été une journée de mise en mouvement, où les propositions commencent à dessiner les contours de cette édition 2026 : un festival qui semble vouloir interroger les liens, les identités, les manières d’être ensemble.
Ce que cette journée annonce
Avec un spectacle comme Nous ou le paradoxe du hérisson, le festival montre qu’il place la relation humaine au centre de ses préoccupations. Cette journée laisse entrevoir une édition où :
- les questions intimes rejoignent les enjeux collectifs
- la philosophie se mêle au théâtre pour éclairer le quotidien
- les artistes cherchent à créer du sens autant que de l’émotion
Ce qu’il faut retenir
Le 7 juillet 2026 restera comme une journée marquée par la sensibilité et la réflexion. Muriel Imbach a offert un spectacle qui touche juste, qui ouvre des portes, qui invite à repenser ce que signifie “faire famille”.
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