En 2006, le président Felipe Calderón lance une “guerre contre la drogue” en déployant l’armée dans les rues. Cette décision, censée restaurer l’ordre, provoque au contraire une escalade de violence sans précédent. Les cartels se militarisent, se fragmentent, et le Mexique entre dans une période de chaos.
Un pays au bord de la rupture
Au début des années 2000, les cartels sont plus puissants que jamais. Les affrontements entre Sinaloa, Tijuana, Juárez et le Golfe se multiplient.
Les homicides explosent dans les villes frontalières. L’État semble perdre le contrôle. Le gouvernement estime qu’il n’a plus le choix.
L’arrivée de Felipe Calderón : la déclaration de guerre
Décembre 2006 : le nouveau président Felipe Calderón annonce une offensive nationale contre les cartels.
Mesures :
- déploiement massif de l’armée,
- opérations conjointes avec la police fédérale,
- arrestations de chefs de cartels,
- coopération renforcée avec les États‑Unis.
Calderón promet de “rétablir la sécurité”.
L’armée dans les rues : un changement radical
Pour la première fois depuis des décennies :
- des soldats patrouillent dans les villes,
- des blindés circulent dans les quartiers,
- des opérations militaires sont menées contre des groupes criminels.
Mais l’armée n’est pas formée pour le maintien de l’ordre civil :
- risques d’abus,
- bavures,
- violations des droits humains,
- méfiance des populations.
L’État utilise un outil puissant, mais mal adapté.
La réaction des cartels : militarisation et brutalité
Face à l’armée, les cartels s’adaptent :
- recrutement d’anciens militaires,
- acquisition d’armes lourdes,
- formation de commandos,
- usage de tactiques de guerre.
Les Zetas, issus d’anciens soldats d’élite, deviennent le symbole de cette militarisation.
Le conflit change de nature : ce n’est plus une lutte policière, mais une guerre asymétrique.
La fragmentation : un effet pervers
En arrêtant les chefs de cartels, le gouvernement pense affaiblir les organisations. Mais cela provoque :
- des luttes internes,
- des scissions,
- la naissance de nouveaux groupes plus violents,
- une compétition accrue pour les territoires.
Chaque arrestation crée un vide que plusieurs factions tentent de remplir.
La stratégie affaiblit les cartels… mais les multiplie.
Les conséquences pour la population
La violence explose :
- homicides,
- enlèvements,
- extorsions,
- déplacements forcés.
Certaines villes deviennent des zones de guerre :
- Ciudad Juárez,
- Reynosa,
- Monterrey,
- Acapulco.
Les civils sont pris entre :
- l’armée,
- la police,
- les cartels,
- les groupes paramilitaires.
Le rôle des États‑Unis : soutien et contradictions
Les États‑Unis soutiennent la stratégie mexicaine via l’Initiative Mérida :
- financement,
- formation,
- équipement.
Mais en parallèle :
- la demande américaine de drogues reste massive,
- les armes continuent de traverser la frontière vers le Mexique.
Le Mexique mène une guerre dont les causes dépassent ses frontières.
Conclusion de l’épisode : une guerre sans fin
- La militarisation du conflit devait restaurer l’ordre.
- Elle a au contraire plongé le pays dans une spirale de violence.
- Les cartels se sont adaptés, renforcés, fragmentés.
- Le Mexique entre dans une décennie où la violence devient quotidienne.
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