La liquidation judiciaire de Brandt, fleuron de l’électroménager français fondé en 1924, marque une nouvelle étape dans la désindustrialisation du pays. Derrière les chiffres – 750 emplois supprimés – se cache une blessure plus profonde : celle d’un territoire qui perd son poumon économique, d’une communauté qui voit s’éteindre une part de son histoire.
Décembre 2025 : une décision impardonnable
Les raisons invoquées sont tristement familières : concurrence asiatique, coût de l’énergie, baisse de la demande liée à la crise immobilière. Mais ce qui frappe, c’est l’absence de volonté politique pour imaginer une issue.
Une reprise en SCOP avait été envisagée, soutenue par l’État et les collectivités locales. Elle aurait permis aux salariés de devenir acteurs de leur avenir. Le tribunal a rejeté cette possibilité. Pourquoi ? Pourquoi exclure une solution qui aurait pu préserver l’emploi, le savoir-faire, la dignité ?
Brandt n’est pas un cas isolé
C’est un symptôme. Whirlpool à Amiens, Caddie en Alsace… Partout, des usines ferment, des ouvriers sont licenciés, des territoires se vident. Et toujours, les mêmes discours : « C’est le cycle naturel de l’économie. » Mais ce cycle est-il vraiment naturel quand nos marchés sont ouverts à tous les vents de la mondialisation, sans protection, sans stratégie ?
La France ne manque pas de talents, ni de bras, ni d’idées. Elle manque de courage politique. De vision industrielle. De volonté de faire de l’emploi une priorité, et non une variable d’ajustement.
« Quand une usine ferme, ce n’est pas seulement des murs qui s’éteignent, c’est une mémoire ouvrière qu’on efface. »
Ce premier épisode ouvre une série qui ne se contentera pas de dénoncer. Elle cherchera à comprendre, à relier les points, à proposer. Car réparer la France désindustrialisée, c’est possible. À condition de regarder en face ce que nous avons laissé s’effondrer.
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